A) Les Substances Organiques

  

Identifier un cadavre implique diverses étapes. Il faut tout d’abord dégager ses caractéristiques morphologiques et les comparer à différents documents ; photographies , radiographies , compte-rendu opératoires , traces chirurgicales et d’autres renseignements utiles à la reconnaissance de la personne. Devant une trace de sang présumée il faut dans un premier temps déterminer s’il s’agit bien de sang , puis s’il s’agit de sang humain ou bien de sang animal puisque les tâches de sang sont difficiles à identifier comme telles à la simple vue et peuvent être confondues avec bien d’autres traces de teinte analogue.

Les prélèvements de sang peuvent s’effectuer avec du sang sous forme liquide ou sèche, sur une personne vivante ou morte, sur les vêtements de la victime et du suspect, sur les armes du crime et sur les lieux du crime. Cette expertise peut permettre de déterminer la nature du dépôt ou du liquide, détecter du sang que l’on aurait tenté d’enlever ou de laver, déterminer l’origine du sang (humain ou animale), déterminé le groupe sanguin, déterminer le profil génétique par l’analyse de l’ADN, deux méthodes sont utilisées : RFLP (longue mais très probante) PCR (rapide, nécessitant très peu de matériel biologique , mais moins probante), déterminer le sexe de l’individu à l’origine de la tâche de sang, reconstituer un crime d’après la répartition des projections sanguines.

Nous avons donc réalisé une expérience permettant de savoir si le meurtrier pouvait dissimuler ses traces de sang simplement en les nettoyants. En effet nous savons que les globules rouges sanguins sont bourrés d’une protéine, l’hémoglobine, qui assure le transport de l’oxygène dans le sang. Lorsqu’un linge a servi à essuyer du sang, il contient le plus souvent des traces d’hémoglobine même s’il a été lavé car les protéines se fixent aisément à divers supports et l’hémoglobine est la protéine la plus abondante du sang, auquel elle confère en outre sa couleur rouge. De ce fait une effervescence formant une mousse blanche apparaît aux endroits où de l’hémoglobine est restée fixée au tissu. La fluorescence constitue le caractère le plus utile pour orienter les recherches, en effet le test au luminol qui permet de détecter les traces de sang en les rendant fluorescent, est utilisé couramment par la police scientifique de nos jours. Ceci consiste à voir à l’œil nu des traces de sang jusqu’à des traces infimes ou micro-gouttes effacées ou minutieusement lavées, avec ou sans détergeant. Il produit une lumière bleuâtre qui peut être observée dans le noir total. Ce système de détection n’affecte pas l’ADN.

En outre les tâches de sperme n’étant pas colorées, leur repérage s’avère plus difficile que celui du sang. Leur aspect varie suivant la nature du support : tâches jaunâtres empesant l’étoffe, pellicule brillante sur support lisse. D’autres substances peuvent être caractérisées dans une macération de tache : salive riche en amylase; en effet nous avons réalisé l'expérience d'extraction d'ADN de la salive qui nous a montré comment récupérer l'ADN, ou bien l'urine détectée par la présence d'urée...

De plus les cheveux et les poils peuvent constituer des indices intéressants. Leur examen au microscope optique et électronique permet d’identifier l’espèce et leur état peut apporter des informations sur les circonstances d’un crime (cheveux arrachés, identification d’une personne par des caractéristiques particulière comme les teintures ou les maladies de cheveux) très résistants aux agents de destruction, les poils sont des indices naturels fréquents sur les lieux de crimes. En effet  l’indice médullaire (rapport du diamètre médullaire moyen à celui du diamètre moyen de la tige) est toujours inférieur à 0.38 chez l’être humain, et supérieur à 0.50 chez la plupart des animaux. De plus la couleur du poil, son aspect et sa forme (souple, ondulé ou bouclé..), son degré de blanchissement, la présence d’une décoloration, constituent d’utiles informations. Tous les éléments d’une scène de crime peuvent donc prouver la présence d’un suspect sur le lieu, la cause de la mort de la victime ou l’identification du cadavre …

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